Les arts de la table : une histoire française

Crédit photo : Sunday Suppers

Parce que chaque assiette, couvert, verre… a sa propre histoire… Le Comité Francéclat lance une série de vidéos informatives pour replacer les arts de la table dans une dimension créative et culturelle qui sublime leur utilisation quotidienne. Le 1er numéro de cette collection retrace l’histoire française des arts de la table. Les arts de la table font partie du patrimoine des Français mais aussi de leur vie quotidienne. Beaux, utiles, luxueux, mais aussi quotidiens, historiques, contemporains, les arts de la table sont aussi riches et divers que peut l’être la gastronomie française. La France produit des objets d’art de la table exceptionnels et dispose de savoir-faire uniques et reconnus dans le monde entier. Il était une fois les arts de la table… regards croisés d’experts.

Le 23 septembre 2010, l’UNESCO classait le repas gastronomique à la Française au patrimoine immatériel de l’humanité. La première idée qui vient à l’esprit en évoquant ce repas est certainement celle de tables prestigieuses et de l’excellence française en matière de gastronomie. Pourtant les arts de la table ne peuvent pas en être dissociés et participent à ce rituel unique au monde. La France est l’un des rares pays où les arts de la table imprègnent autant la culture. Ses habitants prennent traditionnellement place 3 fois par jour autour d’une table.

Chapitre 1. Moyen-Age

Les arts de la table font leur apparition

Héritiers de siècles d’histoire et de savoir-faire, les arts de la table français sont en constante évolution depuis le Moyen-Age.

Jacqueline Queneau, auteur d’ouvrages sur l’histoire et les usages des arts de la table

« Au Moyen-Age, l’assiette n’existe pas, on a des tailloirs et des tranchoirs. Chaque convive a une planche de bois sur laquelle il poste une tranche de pain et les aliments. La monarchie va tout faire évoluer car elle doit montrer l’exemple : on doit être capable de dresser les plus belles tables et aussi les plus riches. Louis XIV a poussé le raffinement de l’art de la table à l’extrême ».

Guy Bourgeois, Vice-Président du Comité Francéclat et Président de la Confédération des Arts de la Table

« On a eu la chance d’avoir des hommes puissants qui se sont passionnés pour les produits. Ils se sont battus pour que l’on ait en France des productions de manufacture royale. On est parvenu à l’excellence qui s’est entretenue au fil du temps grâce aux cours étrangères ».

Crédit photo : Martyn Thompson

Chapitre 2. Révolution Française

Les arts de la table se transforment

Crédit photo : Yves Duronsoy

Le modèle monarchique va bientôt perdre de son influence. En 1789, la Révolution Française renverse le régime, la société connaît de grands bouleversements.

Jacqueline Queneau, auteur d’ouvrages sur l’histoire et les usages des arts de la table

« La Révolution révolutionne elle aussi l’art de la table. La plupart des aristocrates émigrent mais ils n’emmènent pas avec eux toute leur domesticité et notamment leurs cuisiniers. Ils ont un savoir extraordinaire et vont l’utiliser pour ouvrir des restaurants ».

Le service appelé « à la russe » remplace le service traditionnel et ce sont les restaurants qui portent la culture du recevoir. Au 19ème siècle naît un autre type d’établissements.

Jacqueline Queneau, auteur d’ouvrages sur l’histoire et les usages des arts de la table

« Après les restaurants nés de la révolution apparaissent les palaces avec des tables extraordinaires pour des gens immensément riches. Les arts de la table sont à nouveau bouleversés dans leur présentation puisqu’on a beaucoup de personnel pour servir à table. A leur tour, les palaces vont demander à tous les orfèvres et porcelainiers de créer des services réservés à leurs maisons et vont à leur tour magnifier les arts de la table dans les plats et dans leur présentation ».

Chapitre 3. 19ème siècle

Les arts de la table se démocratisent

La création du palace coïncide avec l’apogée de la bourgeoisie. Avec elle, la tradition est bousculée, l’habitat et les modes de vie évoluent tandis que la révolution industrielle est passée par là.

Jacqueline Queneau, auteur d’ouvrages sur l’histoire et les usages des arts de la table

« Au 19ème siècle, la salle à manger prend une très grande importance, c’est la pièce où l’on reçoit. La table est fixe, c’est un meuble. Il y a aussi l’apparition de tout un arsenal d’accessoires et de linge avec des matières de qualités mais produites en grandes séries donc à moindre coût ».

Guy Bourgeois, Vice-Président du Comité Francéclat et Président de la Confédération des Arts de la Table

« Grâce à la révolution industrielle, les entreprises ont pu fabriquer en plus grande quantité et la révolution des produits a permis de les transporter. On assiste à des changements de techniques majeures à l’époque : on a découvert la possibilité de faire du métal argenté. C’est la grande révolution du 19ème. Plus tard arrivent d’autres évolutions notamment pour la cuisson de la céramique ».

Crédit photo: Grand Prix des arts de la table

Chapitre 4. 20ème siècle

Les arts de la table innovent

Crédit photo: Apilco

Au 20ème siècle, les innovations dans les techniques de fabrication et l’apparition de nouveaux matériaux ouvrent la voie à de nouvelles formes, de nouveaux usages, toujours à moindre coût.

Guy Bourgeois, Vice-Président du Comité Francéclat et Président de la Confédération des Arts de la Table

« De grands changements s’opèrent après la 2ème guerre mondiale. Le plus important est l’arrivée de l’inox. Cela a changé la donne pour les couverts et pour les instruments de cuisson. L’autre bouleversement concerne la verrerie. Avant le verre était soufflé mais fabriquer en mécanique a permis de faire du cristal pour l’ensemble de la population. Plus récemment, la céramique s’est également modernisée. Les potiers travaillaient en façonnant avec leurs doigts donc les pièces étaient toujours rondes. A partir du moment où on a trouvé le procédé pour faire de la porcelaine autrement qu’en la tournant, on a pu divulguer des changements de forme. C’est une des grandes évolutions de la fin du 20ème ».

Chapitre 5

Aujourd’hui, les arts de la table osent !

Le mode de vie des Français change, leurs repas aussi. La vie quotidienne est facilitée par l’apparition du réfrigérateur, des conserves et du lave-vaisselle. Les arts de la table connaissent une révolution, c’est la libération de la femme.

Elizabeth Leriche, Directrice du bureau de styles Elizabeth Leriche

« Au 20ème siècle, les usages de la table ont considérablement évolué. On ne vit plus de la même façon et cela influence les repas. Les femmes travaillent, elles ne sont plus à la maison devant les fourneaux, le quotidien s’est simplifié. Il faut aller plus vite, il nous faut donc des choses plus simples. Cela se traduit donc dans les arts de la table par de la vaisselle basique, quotidienne, qui passe au lave-vaisselle, d’usage facile ».

Pour s’adapter à ce nouveau mode de vie, les arts de la table se sont simplifiés, tant dans la forme que dans les matériaux utilisés. L’art de recevoir s’affranchit des codes pour privilégier la notion de plaisir. La décoration et les tendances offrent un nouvel espace de liberté aux consommateurs comme aux fabricants.

Guy Bourgeois, Vice-Président du Comité Francéclat et Président de la Confédération des Arts de la Table

« Avant, les arts de la table étaient normés, liés au mariage et à la construction de nouvelles cellules familiales. Une tendance qui s’est fortement renforcée par la liste de mariage inspirée des parents. Il n’y avait pas de plaisir, c’était une obligation. L’autre évolution date de 1968. Le mariage a changé, les jeunes quittent le domicile des parents bien avant le mariage donc ils s’équipent avant le mariage et les prescriptions disparaissent ».

Elizabeth Leriche, Directrice du bureau de styles Elizabeth Leriche

Crédit photo : Maude Bourrioux - Vincent Sonzogni

Crédit photo : Luminarc & Marie Daage

« Aujourd’hui, il n’y a plus de codes mais une liberté que chacun a envie d’exprimer, comme une quête de se réaliser à travers sa maison et sa décoration. Et aussi en dressant sa table. On reçoit moins et de manière moins conventionnelle. Par exemple, on reçoit davantage pour des apéritifs dinatoires, brunchs, pique-niques… Différents modes de recevoir qui impliquent des vaisselles et des contenants différents ».

Guy Bourgeois, Vice-Président du Comité Francéclat et Président de la Confédération des Arts de la Table

« Maintenant, le consommateur zappe beaucoup alors qu’il n’était pas envisageable à l’époque d’avoir des pièces « dépareillées ».

Elizabeth Leriche, Directrice du bureau de styles Elizabeth Leriche

« La tendance récurrente du moment est le brassage : plus de total look pour la table mais des tables dépareillées où l’on mélange les couleurs, les motifs. Dans cette période difficile, on a besoin d’être créatif, il faut se singulariser. On ressent l’envie de ludique, de fantaisie, de liberté et un vrai plaisir de s’amuser. Beaucoup de maisons classiques font appel à des designers contemporains pour créer de nouvelles collections (un design moderne mais avec une technique et un savoir-faire ancien). Des produits bien faits mais avec un regard contemporain d’aujourd’hui »

Guy Bourgeois, Vice-Président du Comité Francéclat et Président de la Confédération des Arts de la Table

A propos du Comité Francéclat
Le Comité Francéclat (Comité Professionnel de Développement de l’Horlogerie, de la Bijouterie, de la Joaillerie, de l’Orfèvrerie et des Arts de la Table) mène des actions collectives en faveur des secteurs de l’Horlogerie, de la Bijouterie, de la Joaillerie, de l’Orfèvrerie et des Arts de la Table, dans de nombreux domaines : création et innovation, normes et réglementations, efficience des systèmes de production, études statistiques et économiques, communication sur le marché français et soutien au développement international. www.franceclat.fr

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